Valery Stabilo Boss _ Facebook

emilie vercez

emilie vercez

Comment investir, transposer, observer une interface comme Facebook par le design graphique?

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L’interface et son principe d’apparence simple recèle en fait de nombreuses possibilités, applications, quiz, test, jeux virtuels entre amis virtuels ou non, les acheter les vendre etc.
Facebook est une plate-forme qui regorge de contenus en tout genre, plus ou moins utiles, plus ou moins créatifs et récréatifs. C’est aussi un espace qui prône la mise en avant de l’individu, ce qu’il est, ce qu’il fait.
Plus qu’une interface qui relie les gens, c’est un réseau qui fourmille d’applications en tout genre pour la plupart symbolisées par un mot et renvoyant souvent à des actions virtuelles.
La surabondance d’un « tout » qui ne signifie rien. Facebook en est le symbole. Les contenus volatiles, la masse d’informations et de textes que génère cette plate-forme peut facilement plonger l’internaute dans une forme d’addiction. Mais Facebook sert aussi de révélateur de réputations sur Internet. La réputation est rappelons-le une notion subjective, propre à chacun, fonction de ses perceptions… Elle n’est pas fondée sur des arguments strictement rationnels mais repose sur l’analogie, le rapprochement par simplification. En résumé
dis-moi ce que tu fais (contenus), ce que l’on dit de toi, qui tu fréquentes, qui te fréquentes, je te dirai si tu es fréquentable et si tu peux faire l’objet de mon attention contributrice à ta réputation avec d’autres.
Voilà sans doute ce qui consciemment ou inconsciemment plaît aux utilisateurs de cette plate-forme.
Réflexion faite, ma motivation n’est pas réellement de savoir pourquoi Facebook est une interface plaisante même si pour l’appréhender correctement cette question doit être sous-jacentes, mais plutôt qu’est-il possible de faire graphiquement avec pareils contenus et comment utiliser de façon pertinente les outils qu’offre le Web2.0.
Cette plate-forme et le succès qui l’accompagne m’interrogent donc sur l’appropriation et la transposition qu’en tant que graphiste je peux en faire. Générateur de contenus en tout genre, réunissant multiples catégories sociales culturelles Facebook offre donc une véritable interface d’expérimentations. Mais comment rendre compte de ce qu’est Facebook, ou du moins de ce que les gens y font ? Comment marquer la surabondance du tout dans des productions cohérentes avec l’esprit de l’interface ? Quels supports utiliser ? Certains sont-ils plus justifiables que d’autres ? Autre question, que faire de la volatilité des contenus ?
L’expérimentation est le fil conducteur de toute ma démarche. Observatrice, mais aussi actrice, J’ai donc crée un personnage à demi fictif VALERY STABILO.BOSS. Cette immersion me permet de mieux connaître et appréhender le fonctionnement de Facebook. Ma démarche étant une production presque mécanique d’illustrations d’apparences gratuites, il me semblait donc plus judicieux de faire évoluer sur la « toile » ce personnage à demi fictif, sorte d’avatar ambigu s’octroyant tous les droits, mélangeant ce que je suis et lui inventant ce qu’il est.
Ainsi me servir des plates-formes de Web 2.0 pour ce qu’elles proposent et en faire mienne dans leurs contenus.
Puisant mon minerai dans Facebook pour mieux en sortir et propager mes appropriations graphiques sous diverses formes et de façons plus virales. J’ai eu, tout au long de ma démarche, la volonté de maintenir dans mes propos et mes productions une fausse légèreté.
Traduire avec les procédés textuels de Facebook une apparente gratuité qui, si l’ont si penche un peu, résulte plus de l’ironie et du cynisme que de la candeur. Participer, faire participer, tenter d’entrevoir les limites d’une telle plate-forme, mais aussi frôler des questionnements plus généraux sur la volatilité et la véracité des contenus propre au Web 2.0.
Des phrases courtes, une légèreté dans les propos et les diverses applications disponibles sur l’interface, une sorte de « private joke » mondial auquel chaque utilisateur se doit d’y être convié. Cet aspect direct, clair, et bref me pose certaines questions d’appropriations. Comment, en tant que graphiste je peux adapter, utiliser, piller dans les plates-formes de Web 2.0 pour emmener mes résultats ailleurs. Comment transposer ce qui m’intéresse dans les différentes interfaces de Web 2.0 et en faire autres choses en gardant constamment dans ma démarche une certaine cohérence avec l’esprit revendiqué sur ces sites de réseautage.
Trouver une interface rassemblant mes productions, choisir de figer de façon journalière les actes fait sur Facebook, les propager à nouveau, questionner sur la surabondance, la volatilité des contenus et leur véracité.
Entrevoir les droits à l’image qui sont sous-jacents à l’exhibition constante faite par les utilisateurs sur l’ensemble des plates-formes de Web 2.0. Utiliser la transposition et me nourrir de Facebook pour suggérer l’ampleur de ce qu’est cette plate-forme.
M’approprier les outils mis à dispositions des utilisateurs et m’en servir pour les remettre en question.
Travailler avec un support mouvant et m’interroger sur ce qu’engendre des productions qui le sont tout autant.

 



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